dimanche 22 février 2009

Jour J

Dimanche 22 février - Donc, pour voir les expositions des photographes à Paris et en plus pendant les vacances, prenons le taureau par les cornes (c'est le moment puisque le Salon de l'Agriculture vient de commencer ... mais que visiblement tout le monde n'y est pas !) et zou prête : on fait l'ouverture, seule solution !


Exposition de G. Tillim à la Fondation Henri Cartier-Bresson : petite exposition en taille, pas trop de photos sur les 2 petits étages de la Fondation, mais très forte en images, messages, émotions. Que ce soit pour celles consacrées à la République Démocratique du Congo prises en 2007, et là heureusement (ou malheureusement) que la date est indiquée car on ne le croirait pas tant cela paraît "d'une autre époque". Que pour celles prises à Jo'Burg (Johannesburg) en 2004 et qui montrent des immeubles abandonnés, en ruines mais encore partiellement habités, squattés : images de désolation. Expulsion des habitants noirs, non par l'Apartheid (officiellement fini en 1991) mais par la pauvreté. La ségrégation ultime, toujours.


Exposition Sophie Ristelhueber au Musée du Jeu de Paume : son travail est particulier. Elle a photographié des lieux où la guerre avait frappé. Et ce sont ses traces qu'elle photographie en nous montrant les ruines d'immeubles, maisons (Liban, Beyrouth). Des routes barrées par des pierres amoncelées (Cisjordanie) ou le désert marqué par le passage des militaires (Irak). On pourrait penser que cela va être terriblement ennuyeux, rébarbatif. C'est terriblement émouvant. Pas besoin de montrer comme souvent les corps ensanglantés, déchiquetés (seules quelques photos montrent les cicatrices d'opérations, telles les cicatrices des bâtiments), ni des femmes et des enfants en larmes.
Suggérer plutôt que montrer ... et tout est dit.
J'ai trouvé particulièrement touchante la salle où sur un mur sont exposées des photos illustrant cette démarche, assez dure, et sur le mur d'en face sont accrochées des photos de l'environnement personnel, familial, plutôt doux, de la photographe : quatre enfants (dont Sophie Ristelhueber) regardant à travers ce qu'on imagine la grille de leur jardin. L'enfance. Le regard ailleurs, déjà.

Enfin, je suis allée jeter un coup d'oeil à l'exposition qui avait sans doute plus de succès, toujours au Jeu de Paume, sur le photographe suisse Robert Frank. Deux grandes salles étaient consacrées à son travail sur "un regard étranger. Paris / Les Américains". Beaucoup de monde pour voir des photos qui m'ont, après les deux autres, laissé un goût de "papier glacé" . Certes, certaines exprimaient quelque chose de profond (ségrégation dans les moyens de transport ...) mais c'était, pour moi à ce moment-là, trop gentil, trop joli. Et puis les photos noir et blanc des années cinquante, au bout d'un moment ... l'expo de trop peut-être.

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